2021 Et hop ! Allons-y gaiement !

Sus au virus ! L‘AMAV se rêve optimiste et prévoit de nombreux et beaux rendez-vous pour étancher nos soifs de culture et de rencontres. Il sera toujours assez tôt pour revoir ou annuler des dates afin d’éviter tout danger. 

Financement | Un cadre pour sublimer l’oeuvre
Encadrement de l’Autoportrait, le doigt sur la bouche de Marguerite Burnat-Provins

L’AMAV a participé au financement de l’encadrement de l’Autoportrait, le doigt sur la bouche de Marguerite Burnat- Provins. En attendant de pouvoir aller visiter l’atelier de dorure Piaget, qui s’est chargé de cette tâche, nous avons échangé avec Eva Piaget sur le métier de doreuse-encadreuse, ou l’art de sublimer les œuvres d’art.

Marguerite Burnat-Provins (1872-1952), Autoportrait, le doigt sur la bouche, s.d. [ca. 1900], huile sur toile, 46,5 x 55 cm, Musée d’art du Valais, Sion, inv. BA 491 © Musées cantonaux du Valais, Sion. Michel Martinez, Sion

Lire l’entretien avec Eva Piaget, doreuse-encadreuse

Voilà bientôt 40 ans que Jean-Marc et Eva Piaget pratiquent en tant que doreurs-encadreurs dans leur atelier de Lutry. Si aujourd’hui le métier d’encadreur est bien plus courant que celui de doreur, le couple pratique avec toujours autant de passion ces deux activités en parallèle. « Nous encadrons, créons des cadres de A à Z et travaillons à la conservation et à la restauration de cadres anciens ».

En discutant avec notre interlocutrice, il devient évident que travailler sur les cadres ne sous-entend pas « passer à côté de l’art ». « Pour nous cela ne fait aucun doute : le cadre est au service du tableau. S’il est bien choisi et bien ajusté, il donne tout son potentiel à l’œuvre », affirme Eva Piaget, qui aime voir le regard de ses client·e·s s’illuminer lorsque le cadre approprié a été trouvé. « Ça se remarque, tout simplement. » Elle ajoute que la surprise et la découverte font partie de son métier. « Notre clientèle est constituée de beaucoup de particuliers et de quelques musées. On ne sait jamais quel type d’œuvre va nous être apporté. Une œuvre gothique ? De l’art brut ? La palette est très large. »

L’autoportrait de Marguerite Burnat-Provins encadré par l’atelier de dorure Piaget pour le Musée d’art du Valais s’est habillé d’un cadre hollandais du XVIIe siècle en poirier noirci et aux baguettes ondulées. « Ce cadre faisait partie de notre collection », précise Eva Piaget, qui confie être, avec son mari, constamment à la recherche de cadres anciens à restaurer. « Il se peut qu’un cadre reste des années dans notre réserve avant de trouver preneur », explique-t-elle. Pour l’autoportrait de Marguerie Burnat-Provins, l’atelier avait proposé plusieurs choix au Musée d’art du Valais. « Initialement j’aurais choisi un autre cadre. Mais au final, cette pièce hollandaise du XVIIe siècle met en valeur le tableau aux couleurs vives grâce à son bois sombre et à sa largeur importante » se souvient Eva Piaget, qui souligne qu’il s’agit surtout d’une histoire de goûts.

Après le choix du cadre selon les dimensions et le style du tableau, s’en suit le travail de restauration : collage, fixage, nettoyages, retouches. Tout est fait selon les matériaux et les techniques originales, ce qui demande un large éventail de savoir-faire, tant les cadres anciens sont différents les uns des autres. « Aujourd’hui encore je suis impressionnée de voir la variété de cadres qui se faisait auparavant », s’émerveille Eva Piaget. Celle qui dit être arrivée dans ce domaine par hasard car elle savait surtout ce qu’elle ne voulait pas faire, déplore la tendance actuelle à la standardisation et ce, dans tous les domaines. Reste qu’avec son métier, Eva Piaget participe à insuffler de la poésie dans ce monde, par l’intermédiaire d’objets dont la fonction première est d’être au service de l’art. Espérons que cette tradition perdure, car cette année, ils ne sont que trois apprentis dans toute la Suisse romande à se former au métier de doreur-encadreur.

Reporté (date à déterminer) | Musée d’art du Valais
Rencontre avec Delphine Reist

Autour de ÉTAGÈRE, œuvre de Delphine Reist acquise par le Musée d’art du Valais, l’AMAV invite le public à une présentation-débat avec l’artiste et Séverine Fromaigeat, curatrice du Musée Tinguely à Bâle. 

Delphine Reist (*1970), Étagère, 2007, étagère métallique vitrée (plexiglas), outils électriques, système électronique de régulation, 200 x 305 x 38 cm, pièce unique, Musée d’art du Valais, Sion, inv. BA 3530 © Musées cantonaux de Valais, Sion. Michel Martinez, Sion.

Samedi 5 juin 2021 | Paris
Escapade culturelle à Paris

L’AMAV part en escapade à Paris pour découvrir l’exposition « Modernités suisses (1890-1914) » au Musée d’Orsay, à qui le Musée d’art du Valais a prêté deux oeuvres d’Ernest Biéler. Direction ensuite le quartier du Marais pour une visite du Musée de la Chasse et de la Nature, fraichement rénové, et du Centre culturel suisse, où l’artiste zurichoise Manon et le collectif Real Madrid seront exposé·e·s.

Été 2021 (date à déterminer) | EDHEA, Sierre
Visite de l’EDHEA spéciale AMAV 

L’EDHEA – École de design et haute école d’art du Valais, Sierre, accueillera les Ami.e.s du Musée d’art du Valais et les plongera au cœur de l’unité MELA : Multiples, Éditions et Livres d’artistes, gérée par l’artiste suisse Marie Velardi. Une journée immersive au sein de la filière Arts Visuels et des pratiques artistiques autour de l’édition, de la reliure, de la sérigraphie et de la gravure, en compagnie de Nicolas Wagnières, responsable de la sérigraphie et de Patricio Gil Flood, intervenant externe invité pour l’année académique 2020-2021 et responsable de l’atelier reliure.

Été 2021 (date à déterminer) | Ernen
« Zur frohen Aussicht »

Que l’on traduise « Zur frohen Aussicht »  par vue, potentialité ou perspective heureuse, l’exposition est tout cela. Ernen invite tous les deux ans de jeunes artistes à lier leur démarche artistique au village et à ses alentours et, à l’issue d’un commun séjour, y installer leurs œuvres en plein air et dans des locaux ouverts au public. Les membres de l’AMAV profiteront d’une visite guidée à la rencontre d’artistes et leurs œuvres.

Samedi 21 août 2021 à 10h00 | Val de Bagnes
Musée de Bagnes et « L’art en balade » au barrage de Mauvoisin

La sortie dans le val de Bagnes promet une bonne dose d’humour et d’air frais ! La journée commencera au Musée de Bagnes avec une visite guidée de l’exposition Drôles de rires, menée par la commissaire d’exposition Mélanie Hugon-Duc. En début d’après-midi, l’AMAV se rendra sur le couronnement du barrage de Mauvoisin pour découvrir l’exposition de Pauline Julier. Photographe de l’été 2021, l’artiste genevoise diplômée de l’École Nationale Supérieure de Photographie d’Arles présentera le travail qu’elle a réalisé pour cette exposition en plein air dans le cadre de « L’art en balade ».

Les premiers dimanches du mois dès septembre | Musée d’art du Valais
Complices

Tous les premiers dimanches du mois, découvrez les collections avec les complices-volants. Ni guides, ni médiateurs culturels, ces jeunes artistes invité·e·s à investir les salles du Musée d’art offrent aux visiteurs un regard nouveau, décomplexé et dynamique. Un projet collaboratif entre l’EDHEA et le Musée d’art du Valais, avec le soutien de l’AMAV.

Dimanches 5 septembre et 3 octobre 2021 à 14h30 | Musée d’art du Valais
L’œil et la plume

Les arts se mêlent, se nourrissent les uns les autres, offrant une nouvelle lecture du monde. En collaboration avec la Société des écrivains valaisans, l’AMAV propose un événement résolument interdisciplinaire. Venu·e·s arpenter le Musée d’art du Valais, s’imprégnant d’une œuvre, d’une salle ou d’une atmosphère, huit auteur·e·s ont laissé filer leur imagination, donnant naissance à des textes dans leur genre de prédilection. Grâce au comédien et metteur en scène Bernard Sartoretti et à la Guilde théâtrale, les textes prendront vie au sein du Musée.

Samedi 11 septembre 2021 | Les Musées cantonaux du Valais
Sur les pas de Charles-Frédéric Brun dit le Déserteur       

Il y a 150 ans, le 9 mars 1871, décédait à Veysonnaz Charles-Frédéric Brun, dit Le Déserteur. Romancée par Jean Giono, la vie énigmatique de ce fugitif alsacien se devine à travers les œuvres peintes qu’il a laissées en Valais. Avec pour guides l’historienne de l’art Marie Claude Morand et la restauratrice Gisèle Carron, qui ont entrepris récemment une recherche sur le style et la technique de ce peintre, les membres de l’AMAV partiront sur ses traces dans les coulisses des Musées cantonaux, avant d’aller découvrir à la galerie Nînd’art de Nendaz une trentaine d’œuvres originales, un clin d’œil à Épinal et faire un détour par l’une ou l’autre chapelle peinte.

Restauration d’une œuvre du Déserteur

L’AMAV est heureuse d’avoir participé au financement de la première étape de la restauration du Sacré-Coeur de Marie, œuvre du Déserteur, dont on fête les 150 ans de la mort cette année. Nous en avons profité pour échanger quelques mots avec Caroline Dick, restauratrice d’œuvres d’art sur papier. Elle nous parle de la fragilité de ce support qui en fait toute la beauté et des traces que l’histoire y laisse. 

Charles-Frédéric Brun dit Le Déserteur (1811-1871), Le Sacré-Cœur de Marie, 1852, gouache et encre sur papier, 32,3 x 24,8 cm, Musée d’art du Valais © Musées cantonaux du Valais, Sion. Michel Martinez, Sion »

Lire l’entretien avec Caroline Dick, restauratrice d’art

Sabrina Roh: Vous êtes restauratrice d’œuvres d’art sur papier. Est-ce une spécialité que vous avez choisie lors de votre formation ?

Caroline Dick: Tout à fait, dans la restauration d’art, on choisit soit la restauration de tableaux, soit la restauration d’œuvres sur papier. Il s’agit de deux supports différents, que l’on travaille avec des techniques différentes. Dans la spécialité que j’ai choisie, on peut soit se diriger vers la restauration de livres – durant laquelle on apprend notamment la reliure – soit vers la restauration d’œuvres d’art sur papier. On apprend à gérer les techniques du dessin, de la gravure, de l’aquarelle, du collage, du pastel, selon toutes les époques. Le dessin est souvent considéré comme le parent pauvre de l’art. 

SR: Quelle est votre priorité en tant que restauratrice d’art?

CD: Le but est d’intervenir le moins possible et le plus discrètement possible. Il ne faut pas que l’on puisse percevoir la restauration. Tout ce que l’on fait doit être réversible. Ma mission est de résoudre ce qui entrave la lecture de l’œuvre mais pas de la dénaturer. S’il s’agit de tâches de vieillesse qui permettent tout de même d’appréhender l’œuvre, on les laisse. Un dessin du XVIIIea quelques siècles d’histoire qu’il ne faut pas effacer !

SR: Quelle place occupe l’histoire de l’art dans votre métier? 

CD: Je travaille sur une palette d’œuvres très large, allant du XVIe au XXIe siècle. Dans une même journée je peux travailler sur un dessin du Déserteur et un dessin contemporain. Les problématiques sont différentes selon la période. Il faut donc connaître dans les détails le matériau – le papier – et la technique utilisée : un dessin au crayon ne sera pas traité de la même manière qu’une lithographie. Mais si dans mon métier c’est la pratique qui importe, les connaissances en termes d’histoire de l’art sont essentielles. Dans le cadre de ma formation, j’ai appris à regarder les œuvres et je continue à apprendre tous les jours à force d’en voir. 

SR: Votre travail consiste-t-il uniquement dans la restauration d’œuvres?

CD: Il y a la restauration du dessin, mais aussi la conservation du support. Notre but est de conserver la vie du papier. Le Sacré-Cœur de Mariedu Déserteur sur lequel j’ai travaillé présentait par exemple un papier fragilisé à cause du vieillissement et de sa piètre qualité, typique des papiers que l’on trouvait à l’époque. 1850 marque en effet l’apparition des papiers à pâte de bois, aux fibres très courtes et donc très cassantes. Pour cette œuvre j’ai procédé à un doublage: j’ai collé le dessin sur un papier très fin que l’on voit à peine afin de lui offrir un support afin qu’une fois encadré, il ne subisse pas trop le poids des ans. Le Sacré-Cœur de Marieprésentait essentiellement des problèmes d’humidité, dus à la condensation et à de petits dégâts d’eau. Pour faire en sorte que cela n’arrive plus, j’ai développé la technique de montage du cadre dans lequel l’œuvre est arrivée afin qu’elle ne soit pas en contact avec le verre. 

SR: Combien de temps vous prend la restauration d’une œuvre comme Le Sacré-Cœur de Marie?

CD:  C’est toujours très difficile de répondre à cette question car je ne travaille jamais sur une seule œuvre durant plusieurs jours. La restauration se fait par étape, avec de longs temps d’attente. Si on humidifie le papier, il faut attendre qu’il sèche et observer les résultats, son évolution. Cela peut prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines. On y va tout doucement. De plus, cela dépend de la technique qui a été utilisée sur le papier. On ne travaillera pas de la même manière sur une lithographie que sur une œuvre où les couleurs sont plus fragiles. Le papier est un matériau vivant. Il faut qu’à chaque étape il s’habitude à sa nouvelle vie. Si on ne respecte pas cela, si on va trop vite, le papier se crispe et perd sa forme. On lutte quotidiennement pour expliquer aux gens qu’on ne peut pas avoir une œuvre parfaitement plate. Il ne faut pas brusquer le matériau mais lui laisser le loisir de se tendre et se détendre naturellement.

SR: Aviez-vous déjà restauré une œuvre du Déserteur?

CD: J’avais déjà travaillé sur une série de ses dessins. La technique est toujours très reconnaissable, ainsi que les pigments, qu’il confectionnait probablement lui-même avec ce qu’il avait sous la main. De plus, il utilisait souvent la même manière de faire ses mises en scène, avec un style bien particulier. C’est émouvant de travailler sur ses œuvres: les différents défauts nous prouvent qu’ils n’étaient pas exposés comme dans un musée, ni rangés au fond d’un placard. Les gens vivaient véritablement avec, comme un dessin que l’on laisse sur le coin de la table de la cuisine. Les traces qui témoignent de cet usage ne doivent pas être effacées car elles sont le témoin de l’histoire de ces œuvres.

Octobre 2021 | Le Pénitencier
Preview de l’exposition Raphael Ritz   

Le Musée d’art du Valais monte au Pénitencier de Sion une importante exposition consacrée à Raphael Ritz (Brig 1829 – 1894 Sion). Formé à la prestigieuse École de Dusseldorf, le peintre a développé en Valais une « peinture de genre montagnarde » où les rapports de grandeur entre le paysage et l’être humain sont soulignés. L’exposition sera complétée par un accompagnement sonore et vocal de l’artiste contemporaine Sabine Zaalene.
Les membres de l’AMAV auront le privilège de découvrir l’exposition avant le vernissage.

Raphael Ritz (1829-1894), Ingénieurs dans la montagne, s.d. (vers 1870), huile sur toile, 59.3 x 72.5 cm, Musée d’art du Valais, Sion, inv. BA 1640 © Musées cantonaux de Valais, Sion. Michel Martinez, Sion.

Samedi 16 octobre 2021 | Sortie culturelle entre Aigle et Savièse
Figures bucoliques. Frédéric Rouge et l’École de Savièse 

Les Ami.e.s du Musée d’art du Valais sont invités à découvrir Figures bucoliques. Frédéric Rouge et l’Ecole de Savièse. Réalisée conjointement entre l’Espace Graffenried à Aigle et le focus de l’Espace d’exposition de la collection communale, à Savièse, cette exposition rapprochera et questionnera les différences – mais aussi les similitudes – existant dans le traitement de la figure rurale chez l’artiste vaudois Frédéric Rouge (1867-1950) et chez les peintres de l’École de Savièse, entre primitivisme, esthétisation et naturalisme.

De la plaine vaudoise au plateau saviésan, la journée se déroulera sur les deux sites, à la découverte des chapitres de l’exposition intercantonale, dispersés dans les institutions.

Samedi 13 novembre 2021 | Vérossaz et Martigny
Visite de l’atelier de Christine Aymon et de l’exposition « Womanhouse » au Manoir 

Artiste plasticienne, Christine Aymon travaille dans le domaine des installations mêlant sculptures, peintures, sons, vidéos, lumière. L’œuvre est l’espace tout entier dans lequel le spectateur est invité à entrer et vivre une expérience. Pour rencontrer l’artiste, il faut se rendre dans la clairière de Châble au-dessus de Vérossaz. C’est là qu’elle vit au milieu de ses sculptures et réalise ses œuvres. Depuis deux ans, elle possède le Cardelet, une bâtisse centenaire qu’elle a transformée en maison d’artiste et où elle expose certaines de ses œuvres. www.christineaymon.ch, www.cardelet.chwww.ascaplume.ch.

L’après-midi, le Manoir de Martigny propose aux membres de l’AMAV un atelier interactif autour de l’exposition Womanhouse 2021 faisant écho aux 50 ans du droit de vote des femmes suisses. Cette exposition multiforme, interdisciplinaire et engagée met à l’honneur le travail in situ et in progress d’étudiantes de l’EDHEA et d’artistes confirmées, invitées à occuper le Manoir dans le cadre d’une résidence créative et progressive. Axées autour des questionnements féministes actuels, les installations présentées entrent en résonance avec le projet originel Wowanhouse développé dans les années 1970 en Californie par les artistes féministes Miriam Shapiro et Judy Chicago.